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Citoyens
pour l’environnement et l’avenir de l’Est ontarien |
Citoyens pour l’Environnement et l’Avenir de l’Est Ontarien
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DÉCLARATION
au Conseil municipal du Canton de Hawkesbury-Est
le jeudi 20 février 2003Madame et Messieurs les Membres du Conseil municipal de Hawkesbury-Est, il y a des rumeurs que des projets d’industries d’élevage intensif viseraient notre localité.
Nous, Citoyens pour l’Environnement et l’Avenir de l’Est Ontarien, avons lu sur la situation des communautés et des gens qui subissent l’industrie de l’élevage intensif près de chez eux.
Nous voulons vous dire nos graves préoccupations devant l’idée qu’il s’en établisse chez nous.
De nombreux rapports, études scientifiques, témoignages et autres textes nous ont alertés à une grande quantité de possibles conséquences négatives des industries d’élevage intensif, et en particulier des méga-porcheries.
Notre groupe comprend plusieurs agriculteurs et producteurs d’ici. Nous ne sommes pas opposés à l’agriculture. Au contraire, nous supportons et nous encourageons l’agriculture familiale.
C’est pourquoi nous nous opposons aux opérations industrielles intensives, aux corporations d’intégrateurs qui n’ont pas à cœur le progrès de notre communauté, mais qui pensent plutôt au profit financier de leurs actionnaires, qui vivent en général bien loin des sites d’exploitation.
Pour ces raisons, nous demandons au conseil municipal :
Premièrement, d’adopter immédiatement un règlement de contrôle intérimaire (ou « moratoire municipal ») pour interdire la construction d’établissements industriels d’élevage intensif et l’expansion des installations existantes au delà de 175 ou 200 unités animales, pour un an. Cette mesure est permise par la Loi sur l’aménagement du territoire lorsqu’il faut examiner sérieusement de gros dossiers.
Ce règlement intérimaire s’ajoutera au règlement municipal existant qui exige que tout projet de plus de 150 unités animales dépose un plan de gestion des nutriments.
Deuxièmement, d’adopter ensuite une résolution symbolique, déclarant Hawkesbury-Est « Municipalité sans industries d’élevage intensif ».
Et troisièmement, de prévoir dans une autre résolution que la municipalité interviendra pour que les autorités compétentes de l’Ontario entendent la préoccupation suivante : la loi et les règlements de l’Ontario, sur la gestion des matières contenant des éléments nutritifs, sont insuffisants pour protéger la santé des Ontariens et des communautés rurales contre les risques des industries d’élevage intensif. Une réglementation différente devrait être mise en place, pour limiter les risques importants de ces méga-industries.
Oui aux fermes, non aux abuseurs !
Voici pourquoi nos recommandations doivent être adoptées.
(1) MENACE INDUSTRIELLE POUR LES AGRICULTEURS
- Ce sont les promoteurs, les grands intégrateurs, qui bénéficient de ces exploitations industrielles, et non les communautés locales ou les agriculteurs.
- À plusieurs endroits, de nombreux fermiers qui étaient jadis autonomes sont devenus de simples ouvriers, à un salaire minimum, dans des bâtiments de méga-porcheries où les conditions de travail n’ont rien à voir avec l’agriculture.
- Dans un grand nombre de communautés rurales, des méga-élevages monopolisent une grande partie des terres agricoles ancestrales – et cela au désavantage des fermiers. La forte hausse de demande des terres, et de leur coût, rend plus difficile l’expansion de la ferme familiale.
(2) RISQUES SÉRIEUX POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT
- Le Groupe de recherche et d’intérêt public a affirmé que la production industrielle de porcs est l’activité agricole la plus nocive pour l’environnement au Canada. Les risques, très nombreux et complexes, incluent ceux-ci :
La contamination de la nappe phréatique, des puits de maisons et de municipalités, par des substances qui peuvent donner des maladies aux humains et aux animaux.
La contamination des cours d’eau et des lacs, la suffocation de la faune aquatique.
L’émission de gaz toxiques qui peuvent causer, entre autres, des dommages irréversibles à la santé humaine, et qui contribuent à l’effet de serre.
Les grandes quantités de cadavres d’animaux morts prématurément, à éliminer sur place ou par transport, sont un autre problème très épineux.
- Les connaissances scientifiques
sont incomplètes et les études encore inachevées ou à venir.
- Les pratiques sûres d’élevage écologique ne sont pas appliquées dans le modèle industriel à grande échelle. Les pistes de solutions techniques industrielles ne sont qu’au stade expérimental.
. Dans une telle situation, le principe de précaution, légalement reconnu, doit être appliqué sans délai pour protéger la population.
- L’absence de danger pour la santé publique est loin d’être démontrée
(3) MENACE À LA QUALITÉ DE VIE ET À L’AVENIR DE NOTRE COMMUNAUTÉ
- L’arrivée d’industries intensives menace notre qualité de vie et les choses qui font que la campagne est le milieu où nous aimons vivre, travailler, étendre notre linge au bon vent, ouvrir nos fenêtres, humer le bon fumier, manger dans la cour, cultiver nos terres, élever nos animaux et regarder nos enfants jouer dehors et grandir en santé.
- Les nombreux problèmes, désavantages et dangers font chuter la valeur des propriétés et ils éloignent la plupart des acheteurs immobiliers.
- En plus, l’ouverture d’un site d’élevage intensif attire souvent d’autres intégrateurs industriels.
Un cercle vicieux peut s’enclencher et multiplier les risques et les effets négatifs.
- L’augmentation de l’activité d’élevage industriel mène à la diminution de la population locale, à une baisse de revenus, à une réduction des services communautaires et du commerce au détail, un recul du tourisme local, à une augmentation du camionnage lourd qui peut dégrader les routes, ainsi qu’à une augmentation du chômage.
• • •
Dimanche dernier, à Ste-Anne de Prescott, nous avons écouté les rêves et les ambitions des gens de chez nous. Ces consultations sur le développement économique ont révélé que notre communauté est dynamique et qu’elle est prête à travailler fort pour un avenir en santé, pour nous tous et pour nos enfants.
Vivre en harmonie entre nous et avec notre milieu naturel, grandir dans ce respect profitable, valoriser la beauté de notre chez-nous – pour poursuivre ces rêves, il ne faut pas risquer de détériorer notre environnement. Nos rêves deviendraient impossibles, si l’élevage industriel intensif s’installait chez nous. Tout notre beau travail tomberait à l’eau.
L’agriculture durable fait partie de nos rêves, mais les méthodes intensives et les effets de l’élevage industriel en sont les ennemis.
C’est pourquoi, Madame et Messieurs les Membres du conseil, l’adoption immédiate d’un règlement intérimaire par vous, ce soir, devant les personnes qui vous ont élus, est essentielle.
C’est un gage d’avenir.
Votre leadership est crucial au développement durable de notre communauté.
Nous comptons tous sur vous.
Demande de dernière heure
Si la Municipalité a déjà reçu une demande de permis pour la construction ou l’expansion de lieu d’élevage pour un projet dépassant les 175 ou 200 unités animales,
- Nous vous demandons de ne pas accorder ce permis.
- Il faut respecter le nombre d’unités animales expliqué
dans notre première recommandation.
- Nous vous invitons à tenir compte pleinement de tous les risques en cause, de leur ampleur, et du manque de preuve de sécurité dans tout ce domaine.
Vous devez éviter que vos décisions en la matière correspondent à une forme de négligence dans l’exercice de vos pouvoirs et que notre population en subisse des conséquences.
Citoyens pour l’Environnement et l’Avenir de l’Est Ontarien
Signé à St-Eugène, ce jeudi 20 février 2003, par :
Louise Rock,
Directrice intérimaireCarole Séguin,
Directrice intérimaireVlasta Vrada,
Directeur intérimaire