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Citoyens
pour l’environnement et l’avenir de l’Est ontarien |
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Les Méga-porcheries frappent à la frontière
Une menace pour notre région23 février 2003
– Notre avenir est en jeu ! –
Nous sommes à un tournant historique
pour la survie de nos communautés.Une demande de permis de construction de méga-porcherie a été déposée à St-Eugène, et d’autres pourraient arriver bientôt dans ce coin d’Ontario voisin de nous. Ces pourraient élever des milliers de porcs. . . Une distance de 10-15 km n’est pas une protection contre de graves menaces à notre environnement, à notre santé, à la valeur de nos propriétés et à notre qualité de vie. C’est un problème qui concerne tout le monde à Rigaud, Très-St-Rédempteur, St-Lazare, Ste-Marthe, Hudson, même Oka.
Quels sont les dangers possibles ?
Odeurs nauséabondes et gaz toxiques pour la santé
Les méga-porcheries répandent des senteurs horribles et pénétrantes. Rien à voir avec l’odeur d’un milieu agricole normal. Des gaz dégagés sont nocifs pour la santé humaine : nausée persistante, perte d’appétit, maux de tête, migraine, dépression, aggravation de l’asthme et problèmes respiratoires. La puanteur s’intensifie encore plus quand le purin est vaporisé aux champs : plus de 150 gaz composés sont libérés (sulfide d’hydrogène, ammoniaque, dioxide de carbone, méthane, etc). Chaleur et humidité accentuent la senteur. Les vents la poussent sur des distances considérables et elle peut engouffrer des communautés entières.
Les vents dominants viennent à Rigaud et St-Lazare en provenance de cette région de l’Ontario.
Baisse de la valeur de nos propriétés
La qualité de vie et du milieu est immédiatement dégradée. Personne ne veut acheter une maison dans la région d’une méga-porcherie. Les valeurs des propriétés chutent. Selon l’Union paysanne, les baisses pourraient atteindre les 30%.
Contamination des eaux
L’élevage industriel de porc contamine gravement les réserves d’eau. L’épandage intensif du purin contamine les eaux souterraines et les cours d’eau. Des fuites et des déverse-ments massifs se produisent dans certains cas.
(1) Une autre partie du purin se lessive facilement vers les fossés, ruisseaux, rivières et lacs, avec la pluie et la saturation du sol. Dans les cours d’eau et les baies, l’excès d’azote stimule la croissance excessive d’algues et herbes aquati-ques, un végétation envahissante qui siphonne l’oxygène des eaux, ce qui en tue les poissons. Les coûts de filtration d’eau potable, pour les municipalités, montent en flèche, quand l’eau est contaminée par de l’azote et du phosphore solubles.
Les champs de Hawkesbury-Est s’égouttent dans des fossés qui font tous partie du bassin versant qui nous touche : ils vont dans la rivière Rigaud Est et la rivière Rigaud, passent au cœur du village, pour se jeter dans l’Outaouais et le Lac des Deux-Montagnes, où bien des gens aiment pêcher, été comme hiver.
En plus, des déversements massifs peuvent arriver, à cause d’erreurs humaines, de cataclysmes, ou de bris de réservoirs contenant de grandes quantités de purin. C’est déjà arrivé en Ontario : en 1999, des fuites de réservoirs souterrains de deux porcheries différentes ont eu lieu dans le canton d’Ashfield, contaminant l’eau et les plages du Lac Huron. D’autres fuites ont eu lieu à Chatham et à Hay Bay.
(2) Du purin étendu dans les champs infiltre tôt ou tard les nappes phréatiques et contamine l’eau des puits de maisons avec des substances toxiques comme des nitrates qui sont cancérigènes et des phosphates, des bactéries comme E. Coli et la Salmonelle, des parasites comme le Cryptosporidium, et des résidus d’antibiotiques d’usage répandu en méga-élevage.
Les réseaux aquifères souterrains ne connaissent pas de frontière. Celui de Rigaud pourrait être relié à celui du site.
Nuisance aux entreprises agricoles familiales
Les méga-porcheries se présentent comme des producteurs agricoles, mais ce sont en réalité des industries d’élevage intensif. Elles appartiennent souvent à de grandes corporations, à des actionnaires qui vivent loin des sites d’élevage, et qui n’ont pas
à cœur les intérêts de la communauté locale.Ils cherchent à s’implanter en zone agricole, où ils polluent comme des industries. Ils ternissent l’image des agriculteurs, qui risquent de passer eux aussi, aux yeux du public, comme de grands pollueurs sans scrupule. Les industriels de l’élevage de porc utilisent les lois et subventions qui ont été mises en place pour aider les agriculteurs. De plus en plus de fermiers s’opposent à cet envahissement des zones rurales par les méga-porcheries.
Oui aux fermes, non aux abuseurs!Nuisance aux commerces locaux
La survie des fermes écologiques, des sentiers de randonnée, des pistes cyclables, des sites de visites de milieux naturels, des tables champêtres familiales et d’autres entreprises familiales est sérieusement menacée par les odeurs repoussantes et la dégradation de l’environnement et de la nature.
Risque de concentration de cette industrie ici
Au Québec, un moratoire d’un an et demi bloque la construction de méga-porcheries dans toute la province, à l’heure actuelle. Plusieurs municipalités de l’Ontario adoptent des règlements sévères sur la gestion des nutriments (composantes du purin) ou sur le nombre d’unités animales permises, pour se protéger contre une industrie excessive sans contrôle adéquat.
Des municipalités de l’Est de l’Ontario ont été repérées par des promoteurs de méga-porcheries (plusieurs sont du Québec). Ces industriels voient une opportunité de s’établir rapidement chez nous, plus facilement et à moindre coût. Deux choses attirent ces promoteurs : (1) le manque de réglementation environnementale adéquate à plusieurs endroits, et (2) la proximité du Québec, où les porcs seraient transportés pour l’abattage (qui est d’ailleurs, subventionné par le Québec). Notre canton a la porte grande ouverte, à l’heure actuelle. C’est une attraction pour l’industrie porcine et on risque de voir arriver plusieurs méga-porcheries.
Même une seule méga-porcherie serait de trop … Agissons !
Ne laissons pas de mégaporcherie nous envahir.
Les citoyens doivent exprimer leur opposition à leurs élus
et leur demander d’agir dès maintenant.