Citoyens pour l’environnement
et l’avenir de l’Est ontarien

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Citoyens pour l’environnement et l’avenir de l’Est ontarien

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Communiqué de presse
22 février 2003

Méga-porcheries : aveu de conflit d’intérêt du maire
et cafouillage politique à Hawkesbury-Est

L’action trop tardive du conseil municipal de Hawkesbury-Est et un intérêt financier avoué sur le tard par son maire, dans le dossier des méga-porcheries, risquent d’avoir de lourdes conséquences pour la communauté rurale de ce canton de l’extrême Est ontarien (St-Eugène, Ste-Anne de Prescott). La géographie fait craindre aussi des répercussions directes du côté du Québec (Rigaud, Hudson, St-Lazare, lac des Deux-Montagnes, plage d’Oka) où irait notamment l’écoulement des purins étendus par une méga-porcherie qui souhaite s’implanter en Ontario, à un pas de la frontière.

Les pires craintes des citoyens des deux côtés de la frontière se sont matérialisées hier soir. Une demande de permis pour la construction d’une méga-porcherie a en effet été déposée à Hawkesbury-Est, quelques heures avant l’adoption d’un moratoire municipal que les citoyens réclamaient avec clarté et insistance depuis près d’une semaine, auprès du maire de ce canton ontarien, M. Michel Lalonde, et des autres élus.

Le conseil a fini par adopter, le 20 février, un règlement de contrôle intérimaire qui bannit l’attribution de permis pour la construction et l’expansion d’exploitations d’élevage intensif au-delà de 250 unités animales (soit 1 250 truies, 1 000 porcs d’engraissement ou 5 000 porcelets) sur tout le territoire du canton, pendant une année, pour procéder à des études.

Mais ce moratoire est arrivé quelques heures trop tard pour prévenir un premier méga-projet, a-t-on appris vers la fin de l’assemblée spéciale, suite à une question d’un citoyen. De fait, une demande de permis de construction de méga-porcherie avait été déposée le matin même. La demande pourrait être exemptée du moratoire et devoir être examinée, si le dossier est bel et bien complet (ce qui n’a pas été confirmé ou infirmé). Devant la salle bondée de citoyens et d’agriculteurs venus réclamer le moratoire d’urgence, le maire adjoint, Ronald Conway, a refusé de divulguer le nombre de porcs visés par le projet. Des agriculteurs locaux croient qu’un nombre de 6 000 porcs adultes pourrait être permis sur ce seul site par le règlement pré-moratoire.

Un intérêt financier personnel déclaré par le maire Lalonde vient d’envenimer l’affaire. M. Lalonde n’a divulgué ce conflit avec ses fonctions de maire qu’au début de l’assemblée du 20 février. Il s’est retiré du dossier à ce moment.

Les citoyens se sont immédiatement enragés de la situation. Ils dénoncent l’action tardive et inutilement lente de leurs élus, alors que la Loi ontarienne sur l’aménagement du territoire permet expressément l’adoption d’un règlement de contrôle intérimaire sans avis ni consultation préalable puisqu’une période d’appel de 60 jours est prévue par la suite dans la loi. D’ailleurs, les citoyens expliquaient clairement cette avenue aux cinq élus, depuis près d’une semaine, mais le maire a opté pour la voie plus lente de convoquer l’assemblée publique superflue du 20 février – avant sa déclaration d’intérêt financier.

Le 16 février, une centaine de citoyens réunis pour des consultations sur l’avenir économique de Ste-Anne de Prescott réclamait publiquement du maire et de deux autres conseillers municipaux présents, qu’ils exercent de manière urgente leur devoir de précaution dans le dossier. Cet appel n’a pas été exaucé à temps. Le maire Lalonde et les membres du conseil municipal persistaient à affirmer qu’il s’agissait de rumeurs, qu’aucune demande n’était attendue bientôt au bureau de canton et que personne n’était encore venu chercher un formulaire de demande. Pourtant, de nombreux citoyens étaient remontés aux sources et les noms de promoteurs locaux étaient sur bien des lèvres, au village, depuis le début de l’année. Il s’agirait des mêmes personnes auxquelles le maire est lié par un intérêt financier personnel. Des travaux de déboisement sont déjà commencés.

Il ne s’agissait pas d’ailleurs de se protéger contre une seule rumeur, mais d’adopter un moratoire applicable à tous. Les Citoyens pour l’environnement et l’avenir de l’Est ontarien avaient distribué le 16 février, dans la plupart des foyers de St-Eugène et de Ste-Anne de Prescott, une alerte à la population et au conseil municipal, à cet effet. L’organisme écrivait : « Des demandes de permis de méga-porcheries pourraient arriver bientôt à St-Eugène et à Ste-Anne de Prescott. … Notre canton a la porte grande ouverte, à l’heure actuelle. … Agissons maintenant … Téléphonez au maire et aux conseillers. Demandez-leur que le conseil municipal passe de toute urgence un règlement intérimaire bloquant la nouvelle construction pour cette industrie, AVANT qu’une ou des demandes de permis de méga-porcheries arrivent. ».

La réponse des citoyens avait été immédiate : le jour même, les élus et le maire étaient inondés d’appels téléphoniques à la maison. Dès le lundi matin, même phénomène à l’hôtel de ville, en plus de nombreuses télécopies, lettres et visites pour faire entendre aux autorités l’urgence d’agir.

L’organisme sans but lucratif formé d’urgence par des citoyens inquiets se félicite d’avoir réussi à faire adopter le règlement de contrôle intérimaire, bien que le plafond ait été fixé à 250 unités animales alors que les citoyens et de nombreux agriculteurs réclamaient un moratoire plus sévère avec un nombre butoir de 150 unités animales, pour protéger les fermes locales et la santé publique contre le risque d’invasion de l’industrie d’élevage porcin intensif.

Les gens sont déçus de la mollesse du règlement, à cet égard, mais surtout furieux de la lenteur des élus, qui n’ont pas protégé assez rapidement les intérêts de la communauté.

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Déclaration et demandes des Citoyens pour l’environnement et l’avenir de l’Est ontarien présentées au conseil du canton
(http://www.ceaeo.org/publicationsF/DeclarationAuConseil20fev03.doc)

Information : stopthismegamadness@globetrotter.net

 

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