Citoyens pour l’environnement
et l’avenir de l’Est ontarien

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Juillet 2003

Bulletin des Citoyens pour l'environnement et l'avenir de l'Est ontarien – www.ceaeo.org

Les Méga-porcheries
C’est pas un avenir !

Mais la menace continue à St-Eugène, Glengarry-nord et ailleurs dans l’Est ontarien

Les projets de méga-porcheries ne sont pas tombés à l'eau!

...N O N ! Les promoteurs de porcheries industrielles continuent leurs préparatifs...

Des règlements « de restriction provisoire », à Hawkesbury-Est et ailleurs dans l’Est ontarien, limitent temporairement l’expansion du nombre d’animaux, pour étudier les nombreux risques de nuisances de l’élevage industriel et chercher des contrôles à cette réalité bien différente des fermes «  normales  » que l’on connaît (nous verrons pourquoi plus bas dans ce feuillet).

La construction de plusieurs méga-porcheries qui était prévue pour ce printemps a été retardée, mais ça n’a pas écarté la menace pour de bon. Un promoteur de méga-porcherie a dit à un journal :

« L’adoption dans les prochains mois de la Loi [provinciale] sur la gestion des éléments nutritifs mettra fin au moratoire et nous pourrons aller de l’avant avec notre projet ». Une nouvelle loi provinciale, malheureusement, pourrait enlever aux municipalités le droit de faire leurs règlements pour tenir compte de particularités locales.

Peut-être aussi tôt que le 30 septembre 2003, on pourrait perdre tout pouvoir local dans ce dossier. Les promoteurs de projets de méga-porcheries, encouragés par des « intégrateurs », continuent de se préparer. Certains se dépêchent à acheter des terres dans les environs, ou à signer des contrats de location ou d’épandage avec des propriétaires voisins, pour avoir le plus de superficie possible pour étendre du purin - et ainsi élever un plus grand nombre de porcs lorsque la voie s’ouvrirait.

Les Citoyens pour l’environnement et l’avenir de l’Est ontarien restent aux aguets.

La peur des méga-porcheries n’est pas irrationnelle. Ces exploitations sont différentes des fermes « traditionnelles ». Premièrement à cause du nombre d’animaux qu’ils veulent élever. On ne parle plus de 75 ou 200 vaches, mais plutôt de milliers de cochons. Un nombre de 4 500 porcs, par exemple, est très différent de l’agriculture pour laquelle les normes et lois sont conçues. Deuxièmement, une autre grande différence est la présence des « intégrateurs » dans le décor. Ce sont de grandes industries, qui exportent à gros volume au Japon, par exemple, qui viennent faire signer des contrats de sous-traitance ou d’association à nos fermiers qui feraient pour ainsi dire la « job de bras » alors que l’intégrateur dirige les opérations, sans être présent, comme le siège social d’une chaîne de fastfood contrôle les choses, de loin.

Notre opposition vient des tristes expériences de nombreuses communautés et familles rurales de l’Ontario, du Québec, du Manitoba, de l’Ouest, des États-Unis et de l’Europe, qui ont découvert les rudes réalités des méga-porcheries, malgré les promesses des intégrateurs de ne pas répéter les graves erreurs commises ailleurs dans le passé.

Les menaces sont nombreuses et de toutes sortes. Les incidents et les mauvaises tournures ne sont pas rares.

VOUS avez à cœur comme nous votre santé et celle de vos enfants, l’avenir des fermes familiales locales, la qualité de l’eau potable, la salubrité de l’air, la valeur de votre propriété, l’avenir économique durable de notre région, l’harmonie de la communauté, le bon état des routes, le bien commun et la préservation de la qualité de vie rurale ?

Tournez la page et informez-vous !

Pourquoi ces idées de méga-porcheries malgré toute l’opposition?

L’Est de l’Ontario est bombardé de projets porcins d’intégrateurs venus du Québec, où il y a moratoire. Le Gouvernement du Québec a bloqué l’expansion de l’élevage porcin pour deux ans, à cause des dommages à l’environnement et à cause des protestations de dizaines de communautés envahies par des méga-porcheries et victimes de leurs effets négatifs imprévus.

Les gros producteurs-exportateurs québécois de porc (les « intégrateurs ») cherchent des régions les fermiers, la population et les élus n’ont pas encore vu les méfaits des méga-porcheries. La liste de cibles en Ontario, inclut : St-Eugène / Ste-Anne-de-Prescott, Glengarry Nord, Dalkeith, Ste-Rose-de-Prescott, Pendleton, St-Albert, Curran, St-Isidore et Sarsfield. Les projets ont soulevé la vive opposition des résidents informés; mais malheureusement les promoteurs cherchent à démarrer leurs projets le plus vite possible.

Avis des médecins canadiens : STOP !

L’Association médicale canadienne elle-même vient de dire officiellement son inquiétude devant le risque pour la santé publique en milieu rural, dû aux « porcheries industrielles ». En août 2002, elle a conseillé aux gouvernements de faire des moratoires pour interdire leur expansion, le temps d’étudier les contaminants qu’elles dégagent.

L’E. coli comme celui de Walkerton trouvé chez des porcs en Ontario

L’Université de Guelph a détecté cet hiver la bactérie toxique E. coli O157:H7 dans les excréments de porcs de 3 fermes sur 44 qui ont été examinées, en Ontario. Dans une des fermes, 12 cochons sur 15 étaient contaminés par cet E. coli. En mars 2003, les célèbres U.S. Centers for Disease Control ont trouvé le même E. coli « potentiellement toxique pour l’humain » dans 2% des porcs analysés dans un abattoir. Le ministère de l’Agriculture du Manitoba affirme que l’E. coli peut vivre 300 jours dans diverses conditions, comme l’eau froide ou le sol gelé.

Gaz toxiques, odeurs nauséabondes

Les méga-porcheries répandent des gaz malsains à l’odeur répugnante et d’autres qui sont sans odeur. Certains, comme le sulfure d’hydrogène et l’ammoniaque, peuvent causer des dommages irréversibles au cerveau. D’autres aggravent l’asthme et les problèmes respiratoires, causent une nausée persistante, une perte d’appétit, des maux de tête, la migraine, la dépression, des pertes d’équilibre et de mémoire.

La chaleur et l’humidité intensifient la puanteur des millions de litres de purin épandus. Plus de 150 composés gazeux sont libérés. Les vents les poussent sur des distances considérables et ils peuvent engouffrer des communautés entières. Les distances séparatrices ne concernent que les bâtisses d’élevage; il n’y a pas de distance minimale des champs d’épandage aux maisons.

Baisse de la valeur des propriétés

La qualité de vie est dégradée et la valeur des propriétés chute. D’après le feuillet d’information de l’organisme Protect Our Rural Communities (Sarsfield), même à 3km d’un site de mégaporcherie les propriétés perdent presque 7% de leur valeur. Il devient presque impossible de vendre. Qui s’en viendrait dans un coin à mégaporcheries?

Rien à gagner pour la communauté

Très automatisées, les méga-porcheries ne créent pratiquement pas d’emploi. Pour 3 000 cochons à l’engraissement, on a besoin d’environ une demie personne à temps plein.

L’intégrateur achète très peu dans le voisinage : il gère et fournit presque tout, « du sperme au cellophane », la moulée, l’équipement, les médicaments, les spécialistes, etc.

Les actionnaires qui dirigent ces corporations vivent loin des sites affectés et ils n’ont pas à cœur les intérêts de la communauté locale. Une corporation n’a pas de cœur. Ce n’est pas un voisin avec qui l’on règle les problèmes bien souvent à l’amiable. Son seul but est le fric..

Menaces pour la salubrité et la quantité des eaux potables

L’élevage industriel de porc a eu de graves conséquences sur les cours d’eaux et sur les nappes phréatiques, à plusieurs endroits et de plusieurs manières : pollution chimique, contamination bactériologique et baisse des niveaux de puits. Voici pourquoi.

• Sur lisier, les excréments de porc sont dissous dans beaucoup d’eau pour le nettoyage des cages. Au lieu de fumier solide et compostable, cela produit le purin (jusqu’à 90% d’eau), qui est gardé dans d’énormes fosses jusqu’à l’épandage printanier et automnal. La fosse à purin d’un projet de 4 500 cochons à St-Eugène mesurerait 167 pieds de diamètre par 16 pieds de profondeur, pour contenir 6,8 millions de litres de purin. (On parle d’une fosse ouverte, ce qui est interdit en Europe, entre autres.)

• Dans la fosse, sans air sous la surface, les excréments ne se décomposent pas. Phosphore et azote deviennent solubles. Des gaz s’échappent dans l’air.

• Dans le sol, le purin est moins bien retenu que du fumier mélangé de paille ou de bran de scie. La pluie et l’érosion emportent une partie du purin épandu vers les cours d’eau, où l’excès d’azote et de phosphore va causer l’invasion d’algues. La décomposition de cette végétation siphonne l’oxygène de l’eau; des poissons en meurent.

• Des composantes du purin épandu peuvent infiltrer la nappe phréatique. Les puits de maisons et des fermes sont alors menacés de contamination par des substances toxiques pour les humains et les animaux - nitrates cancérigènes, phosphates, bactéries et parasites (salmonelle, E. Coli etc.) et métaux lourds, sans parler des résidus d’antibiotiques courants en méga-élevage.

• Une nappe phréatique contaminée prend des dizaines d’années à s’en remettre (si la pollution est arrêtée).

• Des déversements de purin ont parfois lieu, à cause d’erreurs humaines, de bris d’équipements ou de cataclysmes. Début mai 2003, à Asbestos, 120,000 litres de purin ont coulé dans la rivière Nicolet, en moins de 2 heures, semble-t-il, dû à un bris de tuyau. La prise d’eau potable ( 22 km plus bas ) a dû être interrompue plusieurs jours. L’accident a eu lieu sur la ferme d’un propriétaire de l’intégrateur québécois qui s’intéresse à Hawkesbury-Est et à Glengarry-Nord : la compagnie Côté-Paquette.

• Quand l’eau est contaminée d’azote ou de phosphore, le coût de filtration de l’eau potable monte en flèche.

• Un volume d’eau industriel est puisé de la nappe phréatique, pour abreuver les bêtes et nettoyer les bâtiments. À certains endroits, la nappe phréatique a baissé de 125 pieds et l’on a dû recreuser de nombreux puits. (3000 cochons, c’est bien plus que 200 vaches!)

Nuisance aux fermes

Les méga-porcheries se présentent comme des fermes, mais ce sont en réalité des industries intensives. Leur potentiel de pollution est beaucoup plus risqué. Les lois agricoles et environnementales ne sont pas faites pour un aussi grand nombre d’animaux. Les dégâts, au Québec et en Caroline du Nord, par exemple, l’ont montré.

Si les méga-porcheries continuent d’être considérées comme des fermes « normales », tous les fermiers paieront le prix d’un durcissement de la réglementation et d’une surveillance accrue. Plusieurs fermes, prises à la gorge, seront englouties par les empires de l’élevage intensif.

Dans les régions où l’on a goûté aux réalités des méga-porcheries, de plus en plus de fermiers s’y opposent. Oui aux fermes, non à l’invasion des intégrateurs!

Concentration industrielle, nuisance aux entreprises et initiatives locales

Généralement, les intégrateurs qui signent des contrats avec des fermiers locaux veulent avoir plusieurs exploitations dans le secteur, ce qui est plus pratique du point de vue industriel. Par exemple, à Canborough-Dunnville (près du Lac Erie, en Ontario), les citoyens estiment qu'il y a maintenant 30 000cochons dans un rayon de 10km. Ils disent que la première méga-porcherie a été construite il y a seulement 2 ans. Les choses peuvent aller très vite.

Si notre région tombe aux mains des intégrateurs porcins, nos routes seront parcourues par des dizaines de camions (moulée, porcelets, porcs engraissés en route vers l’abattoir, 3 fois par année) et des centaines de voyages de citernes de purin à épandre sur les terres avoisinantes.

En plus des fermes, les cultures biologiques, sentiers de randonnée, pistes cyclables, sites de visite en milieu naturel, tables champêtres familiales et autres entreprises familiales ou communautaires sont sérieusement menacées par les odeurs repoussantes et la dégradation du milieu.

Fini les rêves d’avenir « vert »...

 


Citoyens pour l’environnement et l’avenir de l’Est ontarien

Les encouragements de la population nous aident et nous vous en remercions.

Nous sommes déterminés!

Nous travaillons de façon bénévole, pour le bien de la communauté, la santé, l’environnement, la protection des fermes familiales, et pour notre qualité de vie à tous.

Site Web: www.ceaeo.org
Courriel : info@ceaeo.org

Les dons que nous recevons nous servent à consulter la meilleure avocate en Ontario (et probablement au Canada) dans le dossier des méga-porcheries, maître Valerie M’Garry, et aussi à communiquer avec la population.

Vous pouvez nous envoyer un chèque à :
Citoyens pour l’environnement et l’avenir de l’Est ontarien
C.P. 345, St-Eugène ON
K0B 1P0

Actions suggérées aux citoyens

[N.B. Il ne s’agit pas d’avis juridiques]

Faites analyser maintenant l’eau de votre puits par un professionnel reconnu.
Gardez le résultat en lieu sûr.

Advenant un incident ou la pollution d’une éventuelle méga-porcherie qui contaminerait les puits, ceux qui auront une analyse d’eau auront une référence pour démontrer les dommages subis.

Un recours collectif pourra s’organiser.

Faites évaluer tout de suite votre propriété par un professionnel reconnu. Gardez le document d’évaluation en lieu sûr.

Si une méga-porcherie s’installe, vous aurez une référence pour réclamer des dommages aux responsables.

Un recours légal pourrait s’organiser contre les opérateurs de la méga-porcherie, pour les pertes de valeur.

Possiblement un recours collectif contre le Canton où vous habitez.

De plus en plus de propriétaires se voient accorder des baisses de taxes municipales à cause de la dévaluation immobilière et de la qualité de vie.

Envoyez-nous par courriel ou par la poste les informations pertinentes qui vous viennent à l’oreille.

La solidarité et la détermination nous aideront à protéger l’avenir auquel nous tenons!

 

Les méga-porcheries c'est pas un avenir !

OUI aux fermes et OUI aux agriculteurs

OUI à notre environnement rural

NON aux méga-porcheries et aux intégrateurs qui les soutiennent !

 

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